Ma Traboule

Rosa traboule au gré de ses envies à partir de tout et de rien.

28 décembre 2008

Fin d'année

Je ne suis pas très assidue sur ce blogue mais j'apprécie d'y rencontrer des amis fidèles et de pouvoir parler plus librement. Je l'ai commencé par hasard et me demande régulièrement pourquoi je le poursuis puisque je peux vous retrouver chez Cyber Mamie.
Curiosité et mystère de la blogosphère : on a besoin de s'exprimer différemment, à certains moments en certains endroits.
Un blogue commencé par hasard, pour pallier un problème technique résolu depuis longtemps.
Je me demande donc souvent  si je ne vais pas le supprimer mais  certains mots trouvent ici plus facilement leur route.
L'année se termine.
Et c'est  ici que je vous souhaite Bonheur et Paix.2032154421

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13 décembre 2008

Le choc

Coup de téléphone hier d'une amie et presque voisine.
"As-tu lu La Croix ?" Non, je ne lis pas ce journal. Alors viens chez moi. Nous nous retrouvons autour de la UNE de ce quotidien. Grande photo et titre ;
"19 ans dans la rue".
Un énième article sur les SDF. Pas pour nous deux en tout cas. Il s'agit du témoignage d'un couple d' amis communs, à Élisabeth et à moi. Avec ces amis, elle est restée en relation  davantage que moi car ils ont quitté Lyon.
Avec Élisabeth je partage  la souffrance d'avoir un fils qui souffre de troubles psychiques car le sien souffre du même mal que le mien.
Je lis l'article. Nos amis sont aujourd'hui retraités :  lui, de l'industrie, elle comme infirmière.
Des parents ouverts, attentifs, aimants.
Pourtant leur fille aînée vit dans la rue depuis 19 ans et s'ils essaient de la suivre, de se battre, de trouver des solutions ils ne peuvent rien faire.
Cette jeune femme a eu il y a dix ans un petit garçon avec un autre marginal. L'enfant  a été confié aux grands-parents paternels : même milieu que celui de mes amis.
Dans cet article, nos amis témoignent sur deuxpoints qui peuvent aider à comprendre ce monde de la rue. D'une part que leur fille souffre de troubles psychiques graves et que la psychiatrie n'a pas de réponse. D'autre part qu'elle a reçu de nombreuses aides pour sortir de la rue, organismes auxquels mes amis rendent hommage. Rien n'a réussi car les troubles psychiques n'étant pas soignés, l'échec est inévitable.
30% des gens qui vivent dans la rue souffrent de maladie psychique. Et cette jeune femme dont la santé est fort dégradée et la vie ne tient qu'à un fil, a juste la lucidité de refuser de rencontrer son fils de dix ans pour qu'il ne voit pas dans quel état sa mère se trouve.
Que peut-on dire à ce petit garçon le jour de Noël ?

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10 novembre 2008

Interdite de facebook

J'ai tendance à délaisser ce blogue plus intime.
Aujourd'hui, chronique familiale mais plutôt gaie.
Cela commence par une information de ma fille.
"J'ai vu Martin-
son jeune frère et mon dernier fils, celui qui vit à Londres-
sur Facebook. Il avait mis les photos de ses vacances à Ibiza.Impressionnant. On le voit sur un bateau entouré de jolies filles."
Ma fille peut être impressionnée : elle travaille en France dans le social.
Moi ? curieuse.
Quelle mère ne le serait pas à ma place ?
Je m'enquiers donc auprès de mon "jetseteur" amateur et lui demande -naïve la mère !- "Peux-tu me mettre une autorisation d'accès à Facebook. J'aimerais voir tes photos d'Ibiza."
Réponse furieuse.
"Pas question, non seulement je ne te la donnerai pas mais je la retirerai à Perrine si elle te raconte tout."
Ma fille et moi en avons pris pour notre grade.
Le pire c'est que je comprends. Mes enfants ont toujours jalousement protégé leur vie privée par rapport à nous, les parents, et finalement je trouve ça très bien.

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09 septembre 2008

L'alcoolisme comme arme politique...

Récemment j'ai terminé le roman de Philippe Huet, "Les Quais de la colère", fiction à partir d'un conflit social très réel survenu au Havre en 1910.9782226156662 C'est l'époque des grands bateaux à vapeur alimentés au charbon. Pour nourrir ces monstres marins des tonnes de charbon étaient nécessaires dont le commerce a enrichi des familles d'industriels comme le pétrole aujourd'hui profite aux actionnaires des compagnies pétrolières. Pour charger et décharger dans les docks, une foule de pauvres gens travaillant dans des conditions lamentables, misérables, embauchés à la journée selon le bon vouloir des petits chefs. Au centre du roman, l'alcool. Les compagnies étaient également propriétaires d'estaminets où on vendait de l'alcool : mauvais rhum, marc et absinthe. Les ouvriers étaient payés avec les jetons qu'ils utilisaient pour payer leur alcool. Ceux qui étaient bien vus, donc embauchés, étaient ceux qui buvaient. Pour les patrons, mieux valait un ouvrier alcoolique qu'un révolutionnaire ! Un homme, responsable d'un syndicat, essaie de combattre ce système. Traité de "buveur d'eau", il se fait accepter des ouvriers. Malheur à lui ! Alors qu'à la suite d'une beuverie éclate une querelle au cours de laquelle un chef d'équipe est tué, il se fait coller le meurtre sur le dos.

Le roman n'est pas génial, le récit un peu laborieux mais l'aspect documentaire très intéressant.

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18 juillet 2008

Voiture et douleur...

Quoi de plus banal que de conduire une voiture en fin de vie à la casse ?

Un jour de juillet radieux. Nous sommes à Allinges, en Haute-Savoie. Notre petite Clio blanche, cédée à notre fils aîné à la fin de ses études est en panne. Elle a trop de kilomètres et nous pensions qu'elle nous rendrait encore quelques services durant ses vieux jours. Mais ce matin de juillet, le diagnostic du garagiste est sans appel. Trop cher de la faire réparer, non pour qu'elle roule, mais pour affronter ce fameux contrôle technique de plus en plus exigeant.

L'après-midi, nous la conduisons donc à la casse la plus proche. Comme elle a encore belle allure blanche et luisante au soleil d'été. Je regarde autour de moi, elle paraît infiniment plus en forme que toutes les ruines qui l'entourent. Elle n'a rien à faire là. Le professionnel le confirme à mon mari : elle sera réparée.

Je n'ai aucun attachement pour les voitures.
D'où vient cette immense tristesse qui me tombe dessus me donnant envie de pleurer ?
Il y a un an environ notre fils qui l'utilisait a subi un autre diagnostic : il serait psychotique. J'emploie le conditionnel car là aussi j'ai du mal à accepter. Quand on parle avec lui, rien ne révèle d'anomalie. Il est brillant, passionné de géopolitique. Avec juste une véhémence dans les propos qui surprend mais une lucidité intellectuelle qui épate également. Incapable de s'intégrer à la société. Incapable de travailler, il s'enfonce dans l'isolement.

Cette petite Clio blanche échouée au milieu des vieilles voitures est le dernier lien matériel qui le relie à la vie normale, au temps où il travaillait, où il paraissait comme tout le monde.

J'attends mon mari au volant de la voiture familiale. Je le vois tourner autour encore une fois. Sans doute le même chagrin que moi, mais c'est un taiseux, il n'en dira rien.

Nous repartons en écoutant un CD de Joan Baez.
Soigner la détresse par la nostalgie.

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17 mai 2008

Brocante particulière


                                                                                                                                                                                         

Ce week-end avait lieu une brocante au séminaire de Lyon qui a été vendu par le diocèse et doit être restauré en appartements de standing.

1607793009.jpg J'avais eu l'info et dès vendredi je suis allée en repérage pour éventuellement trouver des objets qui me plaisent. Je suis tombée sur une brave dame, une des nombreux bénévoles assurant ce vide-grenier, qui a commencé à me répondre un peu sèchement "qu'on ne pouvait pas voir" ! Je me suis alors lancée dans une explication des plus émouvantes : l'oncle et les cousins de mon mari sont passés par ce séminaire. L'un d'eux s'est même occupé de ravitailler les séminaristes pendant la guerre, il partait avec son vélo à la campagne pour leur trouver à manger etc.

Bref la brave dame a fondu d'attendrissement et m'a dit : "si vous voyez quelque chose qui vous fait plaisir, vous le prenez et ni vu ni connu."

Pour le coup j'étais gênée. Du monde est arrivé et elle n'a pu s'exécuter. Mais j'avais  eu le temps de repérer un petit pot de chambre, d'ailleurs vraiment petit pour des fesses de séminaristes. Sans doute venu du petit séminaire.

Samedi matin, je me suis  pointée à neuf heures et demie, une demi-heure avant l'ouverture. Malgré la pluie, incroyable le monde qui attendait. Et beaucoup de brocanteurs. J'ai foncé sur mon petit pot de chambre ainsi que sur le lot de brocs émaillés que j'avais repérés. Dix minutes après, un brocanteur avait tout acheté. Il faut dire qu'à cinq euros pièce il avait de quoi se faire une marge ! J'ai attendu Régis qui m'avait déposée, à l'abri sous une tente que les séminaristes avaient eu la bonne idée de dresser et où ils servaient des cafés et des crêpes. Discussion très agréable avec ces futurs prêtres que j'ai trouvés sympas et ouverts. Ils sont 60 à Lyon pour toute la région.

Quand je suis partie, à 11 heures, il n' y avait déjà plus rien de bien intéressant. Les brocanteurs essentiellement avaient tout raflé.

 

Et maintenant mon butin.

548525442.JPG

 

 

Inventaire :

- un broc émaillé pour arroser les fleurs de ma terrasse

- un lot de torchons n'ayant pas servi

- une cuvette émaillée en bon état

- mon petit pot de chambre

-et la corbeille à linge...

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15 mai 2008

Rémi

Réédition pour Bruno

Rémi
En triant des papiers dimanche j'ai retrouvé ce poème de Rémi.
Il était dans ma classe il y a quelques années. En cours, il donnait l'impression de dormir. Ses camarades se moquaient de lui, gentiment car c'était une classe très sympa. Moi je voyais qu'il était tourné vers l'intérieur de lui-même comme s'il détenait quelque chose qu'il ne voulait pas laisser échapper...
C'était plutôt un bon élève, il a poursuivi sa scolarité mais les années suivantes mes collègues me disaient qu'il était souvent absent.
Il a réussi son Bac puis a continué en BTS...
Un jour il n'est plus venu.
A son enterrement, il y avait un grand chef indien en tenue traditionnelle. Un canadien francophone. Nous avons appris que la famille de Rémi lui avait offert la possibilité d'aller passer ses dernières semaines (il avait une leucémie) dans cette communauté indienne dont le "chef" se trouvait de passage à Lyon au moment de sa mort. Il lui a adressé un aurevoir dans sa langue.
Le poème écrit, un mois avant, dit bien ce qu'il a vécu, la sérénité et la préparation du départ.
J'aime particulièrement la chute qui reflète parfaitement ce qu'il était.
Si je rapporte ce souvenir, c'est surtout à l'intention des jeunes collègues qui "galèrent", car notre métier est d'une rare densité humaine et on ne se souvient après, que de ces élèves-là.

SI J'ETAIS UN OISEAU


Si demain je pouvais être un oiseau
Un grand aigle, noble, fier et beau
Je pourrais de quelque rocher
Du haut versant effilé
En un battement d'ailes majestueux
Prendre mon envol pour les cieux.
Avec mes ailes déployées
Je saurai apprécier
De chaque instant la beauté
Là, au milieu du ciel à planer
Le monde admirer
Le bruit du vent dans mes plumes écouter.
Je partirai en montagne pour visiter
Découvrir d'autres contrées
Et pour ma pause goûter
Je partirai en piquée
Pour quelque animal attraper
Dans mes serres acérées.
Et oui il faut se méfier
Quand on me voit tournoyer.
Mais je pourrais être moineau
Petit, fragile mais toujours un oiseau
Le plus important n'est pas la beauté,
De belles plumes, un bec effilé
C'est de sentir la liberté
Qu'ils ont a leur portée.
S'il y avait quelque dieu ou divinité
Qui pourrait mon souhait exaucer
J'en serais comblé.
Mais SVP soyez pas trop con
Me faites quand même pas pigeon !

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Bonbons

Cet après-midi, je me suis trouvée chez le buraliste à l'heure de la sortie des écoles.
Devant moi, une file de gamins qui venaient acheter leurs bonbons.
Sortir de classe pour manger des bonbons, quel plus grand bonheur ?
Je me suis retrouvée petite-fille. Je n'avais pas d'argent de poche alors je gardais la pièce de monnaie que ma mère me donnait, le dimanche, pour mettre à la quête pendant la messe.
Le lundi je pouvais m'acheter un bonbon : toujours le même. Un coquillage garni de sucre coloré. Je crois que ça existe encore. C'était un choix rentable. Je le faisais durer en le pliant dans une feuille de cahier...

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11 mai 2008

Ma grand-mère

Le dessert dominical est sacré et aujourd'hui j'ai fait une tarte aux pommes.
Chaque fois je pense à ma grand-mère car c'est elle qui m'a enseigné l'art de la pâte brisée, comment émietter finement le beurre juste ramolli dans la farine...
D'ailleurs j'utilise toujours son rouleau à pâtisserie...
La vie de ma grand-mère tient en une année : 1914
En mars elle s'est fiancée, en mai elle s'est mariée, en août mon grand-père est parti à la guerre, en novembre il a été tué : elle avait vingt-ans.
Elle fut une femme courageuse, elle a continué durant toute la guerre à envoyer des paquets aux compagnons de son mari dans les tranchées...
Elle fut une mère rude et exigeante pour mon père, rêveur et nonchalant.
Elle fut une grand-mère merveilleuse qui m'a fait aimer les fleurs, les vieilles chansons de sa jeunesse " Nous irons écouter la chanson des blés d'or..." et la politique !
Elle aimait débattre, elle vénérait De Gaulle mais détestait les Américains !
Elle est morte il y a trente ans mais elle ne m'a jamais quittée. De temps en temps je m'assieds, elle est à côté de moi et nous causons.
Pour moi c'est ça l'Eternité.

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23 avril 2008

L'indignation de Victor Hugo

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http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article877

ou sur mon blogue Cyber Mamie

Posté par trabouleuse à 07:55 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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