Ma Traboule

Rosa traboule au gré de ses envies à partir de tout et de rien.

17 mai 2008

Brocante particulière


                                                                                                                                                                                         

Ce week-end avait lieu une brocante au séminaire de Lyon qui a été vendu par le diocèse et doit être restauré en appartements de standing.

1607793009.jpg J'avais eu l'info et dès vendredi je suis allée en repérage pour éventuellement trouver des objets qui me plaisent. Je suis tombée sur une brave dame, une des nombreux bénévoles assurant ce vide-grenier, qui a commencé à me répondre un peu sèchement "qu'on ne pouvait pas voir" ! Je me suis alors lancée dans une explication des plus émouvantes : l'oncle et les cousins de mon mari sont passés par ce séminaire. L'un d'eux s'est même occupé de ravitailler les séminaristes pendant la guerre, il partait avec son vélo à la campagne pour leur trouver à manger etc.

Bref la brave dame a fondu d'attendrissement et m'a dit : "si vous voyez quelque chose qui vous fait plaisir, vous le prenez et ni vu ni connu."

Pour le coup j'étais gênée. Du monde est arrivé et elle n'a pu s'exécuter. Mais j'avais  eu le temps de repérer un petit pot de chambre, d'ailleurs vraiment petit pour des fesses de séminaristes. Sans doute venu du petit séminaire.

Samedi matin, je me suis  pointée à neuf heures et demie, une demi-heure avant l'ouverture. Malgré la pluie, incroyable le monde qui attendait. Et beaucoup de brocanteurs. J'ai foncé sur mon petit pot de chambre ainsi que sur le lot de brocs émaillés que j'avais repérés. Dix minutes après, un brocanteur avait tout acheté. Il faut dire qu'à cinq euros pièce il avait de quoi se faire une marge ! J'ai attendu Régis qui m'avait déposée, à l'abri sous une tente que les séminaristes avaient eu la bonne idée de dresser et où ils servaient des cafés et des crêpes. Discussion très agréable avec ces futurs prêtres que j'ai trouvés sympas et ouverts. Ils sont 60 à Lyon pour toute la région.

Quand je suis partie, à 11 heures, il n' y avait déjà plus rien de bien intéressant. Les brocanteurs essentiellement avaient tout raflé.

 

Et maintenant mon butin.

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Inventaire :

- un broc émaillé pour arroser les fleurs de ma terrasse

- un lot de torchons n'ayant pas servi

- une cuvette émaillée en bon état

- mon petit pot de chambre

-et la corbeille à linge...

Posté par trabouleuse à 17:48 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 mai 2008

Rémi

Réédition pour Bruno

Rémi
En triant des papiers dimanche j'ai retrouvé ce poème de Rémi.
Il était dans ma classe il y a quelques années. En cours, il donnait l'impression de dormir. Ses camarades se moquaient de lui, gentiment car c'était une classe très sympa. Moi je voyais qu'il était tourné vers l'intérieur de lui-même comme s'il détenait quelque chose qu'il ne voulait pas laisser échapper...
C'était plutôt un bon élève, il a poursuivi sa scolarité mais les années suivantes mes collègues me disaient qu'il était souvent absent.
Il a réussi son Bac puis a continué en BTS...
Un jour il n'est plus venu.
A son enterrement, il y avait un grand chef indien en tenue traditionnelle. Un canadien francophone. Nous avons appris que la famille de Rémi lui avait offert la possibilité d'aller passer ses dernières semaines (il avait une leucémie) dans cette communauté indienne dont le "chef" se trouvait de passage à Lyon au moment de sa mort. Il lui a adressé un aurevoir dans sa langue.
Le poème écrit, un mois avant, dit bien ce qu'il a vécu, la sérénité et la préparation du départ.
J'aime particulièrement la chute qui reflète parfaitement ce qu'il était.
Si je rapporte ce souvenir, c'est surtout à l'intention des jeunes collègues qui "galèrent", car notre métier est d'une rare densité humaine et on ne se souvient après, que de ces élèves-là.

SI J'ETAIS UN OISEAU


Si demain je pouvais être un oiseau
Un grand aigle, noble, fier et beau
Je pourrais de quelque rocher
Du haut versant effilé
En un battement d'ailes majestueux
Prendre mon envol pour les cieux.
Avec mes ailes déployées
Je saurai apprécier
De chaque instant la beauté
Là, au milieu du ciel à planer
Le monde admirer
Le bruit du vent dans mes plumes écouter.
Je partirai en montagne pour visiter
Découvrir d'autres contrées
Et pour ma pause goûter
Je partirai en piquée
Pour quelque animal attraper
Dans mes serres acérées.
Et oui il faut se méfier
Quand on me voit tournoyer.
Mais je pourrais être moineau
Petit, fragile mais toujours un oiseau
Le plus important n'est pas la beauté,
De belles plumes, un bec effilé
C'est de sentir la liberté
Qu'ils ont a leur portée.
S'il y avait quelque dieu ou divinité
Qui pourrait mon souhait exaucer
J'en serais comblé.
Mais SVP soyez pas trop con
Me faites quand même pas pigeon !

Posté par trabouleuse à 18:49 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Bonbons

Cet après-midi, je me suis trouvée chez le buraliste à l'heure de la sortie des écoles.
Devant moi, une file de gamins qui venaient acheter leurs bonbons.
Sortir de classe pour manger des bonbons, quel plus grand bonheur ?
Je me suis retrouvée petite-fille. Je n'avais pas d'argent de poche alors je gardais la pièce de monnaie que ma mère me donnait, le dimanche, pour mettre à la quête pendant la messe.
Le lundi je pouvais m'acheter un bonbon : toujours le même. Un coquillage garni de sucre coloré. Je crois que ça existe encore. C'était un choix rentable. Je le faisais durer en le pliant dans une feuille de cahier...

Posté par trabouleuse à 17:57 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 mai 2008

Ma grand-mère

Le dessert dominical est sacré et aujourd'hui j'ai fait une tarte aux pommes.
Chaque fois je pense à ma grand-mère car c'est elle qui m'a enseigné l'art de la pâte brisée, comment émietter finement le beurre juste ramolli dans la farine...
D'ailleurs j'utilise toujours son rouleau à pâtisserie...
La vie de ma grand-mère tient en une année : 1914
En mars elle s'est fiancée, en mai elle s'est mariée, en août mon grand-père est parti à la guerre, en novembre il a été tué : elle avait vingt-ans.
Elle fut une femme courageuse, elle a continué durant toute la guerre à envoyer des paquets aux compagnons de son mari dans les tranchées...
Elle fut une mère rude et exigeante pour mon père, rêveur et nonchalant.
Elle fut une grand-mère merveilleuse qui m'a fait aimer les fleurs, les vieilles chansons de sa jeunesse " Nous irons écouter la chanson des blés d'or..." et la politique !
Elle aimait débattre, elle vénérait De Gaulle mais détestait les Américains !
Elle est morte il y a trente ans mais elle ne m'a jamais quittée. De temps en temps je m'assieds, elle est à côté de moi et nous causons.
Pour moi c'est ça l'Eternité.

Posté par trabouleuse à 01:46 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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