Coup de téléphone hier d'une amie et presque voisine.
"As-tu lu La Croix ?" Non, je ne lis pas ce journal. Alors viens chez moi. Nous nous retrouvons autour de la UNE de ce quotidien. Grande photo et titre ;
"19 ans dans la rue".
Un énième article sur les SDF. Pas pour nous deux en tout cas. Il s'agit du témoignage d'un couple d' amis communs, à Élisabeth et à moi. Avec ces amis, elle est restée en relation  davantage que moi car ils ont quitté Lyon.
Avec Élisabeth je partage  la souffrance d'avoir un fils qui souffre de troubles psychiques car le sien souffre du même mal que le mien.
Je lis l'article. Nos amis sont aujourd'hui retraités :  lui, de l'industrie, elle comme infirmière.
Des parents ouverts, attentifs, aimants.
Pourtant leur fille aînée vit dans la rue depuis 19 ans et s'ils essaient de la suivre, de se battre, de trouver des solutions ils ne peuvent rien faire.
Cette jeune femme a eu il y a dix ans un petit garçon avec un autre marginal. L'enfant  a été confié aux grands-parents paternels : même milieu que celui de mes amis.
Dans cet article, nos amis témoignent sur deuxpoints qui peuvent aider à comprendre ce monde de la rue. D'une part que leur fille souffre de troubles psychiques graves et que la psychiatrie n'a pas de réponse. D'autre part qu'elle a reçu de nombreuses aides pour sortir de la rue, organismes auxquels mes amis rendent hommage. Rien n'a réussi car les troubles psychiques n'étant pas soignés, l'échec est inévitable.
30% des gens qui vivent dans la rue souffrent de maladie psychique. Et cette jeune femme dont la santé est fort dégradée et la vie ne tient qu'à un fil, a juste la lucidité de refuser de rencontrer son fils de dix ans pour qu'il ne voit pas dans quel état sa mère se trouve.
Que peut-on dire à ce petit garçon le jour de Noël ?